Georges et Charlotte



C’est l’histoire d’un amour, celui de Georges et de Charlotte. Le 13 septembre 2011, entourés de leurs proches, ils ont fêté leurs noces de platine. 70 ans de mariage au compteur ! De nos jours, qui prétendrait encore relever un tel défi ? S’ils devaient être un concept, ils seraient comme les inséparables, ces oiseaux qui demeurent généralement en couples extrêmement liés. 

Georges naît en 1918 à Boissy-Saint-Léger ; Charlotte elle, naît à Paris en 1919 et grandit dans le XVIIIème arrondissement, entourée de ses 4 frères, de ses 2 sœurs, de sa mère au foyer [qui cuisine toute la journée] et de son père, ébéniste, qui deviendra boucher puis vendeur des 4 saisons rue des Poissonniers ! 

Georges est essentiellement élevé par sa grand-mère et il aura une petite sœur, Jeanine, de 16 ans sa cadette. Il passe son enfance entre Melun, Brunoy et Paris, où son père Louis [originaire d'Alsace], d’abord soudeur autogène [il fabrique des armoires en métal pour les hôpitaux], ouvre rue de Rome un commerce d’achat, de réparation et de location de machines à écrire et à calculer. Après son certificat d’études, Georges est d’abord apprenti chez Van Waesberghe, 20 rue Mogador, puis devient à son tour réparateur de machines à écrire et à calculer. Charlotte qui a suivi des études pour être sténo-dactylo, travaille comme secrétaire pour les assurances Citroën, Place de l’Opéra. 

En 1935, Georges emprunte chaque jour le tramway n° 54 à Saint-Ouen, tout comme Charlotte à la Porte Montmartre, afin de se rendre au travail. Georges est souvent avec son copain à casquette dit « l’apache » et un autre zazou dont on a perdu la trace. Charlotte se moque un peu de Georges car sur ces trois Pieds Nickelés, il est le seul à porter des lunettes ! Elle le surnomme [intérieurement] « binocard » ! Rapidement Georges en pince pour Charlotte, et réciproquement ! Pour ne pas la rater le matin, il arrête même la perche du tramway, ce qui oblige le conducteur à descendre et à retarder tout le monde ! Lors d’un bal de quartier, la mère de Charlotte, qui chaperonnait ses filles, a immédiatement compris qu’il se passait quelque chose entre les deux tourtereaux. Cette relation ne plait pas beaucoup à la famille de Georges, qu’elle juge d’un mauvais œil. Malgré leurs origines et leurs différences sociales, ils vont donc se « fréquenter » jusqu’en 1938. 

En raison du service militaire d’abord, puis à cause de la guerre, ils seront séparés pendant 3 ans. Période durant laquelle Georges est fait prisonnier à Châlons-sur-Marne puis tombe malade. De quoi largement tester et attiser leurs sentiments ! A son retour à Paris, Georges décide de vivre quelque temps à l’hôtel puis chez un copain afin de ne pas retourner chez ses parents.  

En 1941, à 22 ans et en pleine Occupation, ils se marient à la mairie du XVIIIème arrondissement. Georges s’offre un beau costume [à 11 francs] et Charlotte se fait confectionner une robe par une amie de son frère, employée dans une grande maison de couture. Ils feront la noce dans un local de l’EDF du Boulevard Barbés puis s’installent à Saint-Ouen, d’où ils ne déménageront jamais. 

De cette union sacrée naquirent Jean-Jacques en 1946, puis Martine en 1948. Ils auront par la suite, trois petits-enfants et quatre arrières petits-enfants. En 2009, pour des raisons de santé, ils ont été contraints de s’installer en maison de retraite. La maladie d'Alzheimer fait inexorablement son travail, tout comme l’amour que mes grands-parents se sont portés 70 ans durant …


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