Cyril


En pensant à Cyril, il me vient des chansons de François Morel. Entre humour, tendresse et mélancolie. Cyril naît le 25 avril 1976 dans le XII ème arrondissement de Paris. Sa mère, originaire de l’Eure, est fille de berger. Elle passe toute sa jeunesse à déménager ; alors, forcément, elle ne rêve que de sédentarité et d’une maison à elle ! Son père, d’origine italienne, est marbrier d’art. Tout comme son père avant lui. Il œuvre essentiellement pour de riches clients et réalise des chantiers de décoration [sols, salles de bains luxueuses …]. Il est tout minot quand ses parents s’installent en Picardie, dans le petit village d’Annois, près de Saint-Quentin, où il vivra jusqu'à l’âge de 19 ans. Une maison avec du marbre au sol. 

Ils sont 4 enfants à la maison : Maryline, Martial, Cyril et Virginie. Ses parents divorcent quand il a 6 ans. Son père retourne s’installer à Paris et devient alors le grand absent. Maryline, la grande sœur, lui donne le goût de la lecture et lui insuffle la curiosité intellectuelle. Martial, le grand frère, lui donne le goût du jeu théâtral [il fait pleurer de rire ses copains] et la sensibilité graphique. Très extraverti à l’extérieur, à l’intérieur Cyril se retranche dans sa chambre et passe des heures à dessiner. Une façon de s’évader, de se protéger et de créer son propre monde. A son institutrice, il demande la permission de «chanter une poésie» ! Tout est déjà là : l’improvisation, le chant, le goût du théâtre et l’envie d’être aimé. Sur le plan scolaire, il n’est pas spécialement doué mais Mademoiselle Chaudron [pas Chambon !] lui fait aimer le français. Les autres élèves se moquent de ce professeur «au grand front bombé et brillant» mais elle transmet à Cyril son amour pour la littérature. Il se souvient encore d’un flamboyant exposé qu’il avait préparé sur «Les précieuses ridicules» de Molière. Il est «évidemment» nul en sport, sauf en expression corporelle où il rivalise carrément avec Billy Elliott !  

Cyril découvre le théâtre en classe de 6ème, ainsi que sa force comique : il fait rire même ses professeurs ! Sa prof de musique notamment, qui est obligée de le sortir de classe, non pas pour le punir, mais pour qu’elle puisse finir son cours et se retenir de pouffer … Ou encore «cette fille étrange dans la file d'attente de la cantine du lycée qui, tous les jours, à chaque fois qu'elle se retourne vers lui … se tord de rire !". Il passe un Bac A3 «arts plastiques» mais ne sait pas vraiment quoi faire de ses dix doigts [dessinateur de Pub ?]. C’est ainsi qu’il va suivre des copains à Amiens et s’inscrire en fac d’arts plastiques. C’est une révélation ! Il fait des rencontres déterminantes et croise des professeurs «extraordinaires». Fabien Lerat, Marie-Domitille Porcheron, Denis Poupeville lui ouvrent la voie. Il découvre Francis Bacon lors d’un cours magistral, ainsi que Bram Van Velde. Chloé Caillat dans ses cours de théâtre lui fait découvrir le Tanztheater [ou théâtre dansé] de Pina Bausch et l’univers absurde de Samuel Beckett.  

Son entrée à la Faculté d’arts plastiques marque la découverte déterminante de la thématique du corps et ce qui en constitue son identité, sa construction sociale et psychique, comme un écho à ce qui se joue dans son existence à ce moment-là : un entre-deux concernant sa sexualité. Il a une petite amie durant 5 ans. Ensemble, ils forment un couple fusionnel mais lorsqu’ils s’installent à Asnières en 1998, Cyril sombre dans une profonde dépression. Il avoue son homosexualité à son amie puis l’année suivante, part vivre chez sa sœur aînée, son arc-boutant affectif depuis toujours. Il soutient sa Maîtrise intitulée «Ma fabrique du corps humain» en 1999.
 

Son entrée en DEA à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne reste un très mauvais souvenir. Loin d’Amiens et de ses amis, les années 2000 marquent une période de solitude. Il donne alors naissance à son personnage «Lyric» [palindrome de Cyril]. Commencent ses premières performances en travesti, au cours desquelles il oppose la colère [masculine], à l’hystérie [féminine] car celle-ci n’a «aucun poids symbolique». Il se met du côté de ceux, ou plutôt de celles, qui n’ont pas de pouvoir. Parallèlement à ses études, il entre dans la vie active. Après avoir eu un coup de pompe, il se refait une vie sociale grâce à la «Halle aux chaussures» ! A nouveau, il fait rire ses collègues, surtout Franck Noléo qui l’encourage à «faire carrière». Sur un malentendu [comme dirait Jean-Claude Dusse], il démissionne au bout d’un an. Rapidement, il retrouve un emploi à La Poste à Levallois-Perret [un Ch’ti à La Poste, ça rappelle vaguement un film ... !].  

En 2001, son père est emporté brutalement d’un cancer. Effondré après cette épreuve, terrorisé par l’inconnu, il va pourtant découvrir le milieu «homo» parisien. Il fait la connaissance d’Alain, un type gentil qui va lui permettre d’élargir son cercle amical. C’est grâce à ce nouveau réseau qu’il trouve un emploi d’agent d’accueil à la Sainte-Chapelle. Une nouvelle vie peut commencer. Entouré de collègues bienveillants [ses 1ers fans], l’équipe de la Sainte-Chapelle, devient «un îlot de tolérance et d’ouverture» qui va lui permettre, entre autre, de vaincre sa timidité. Sur eux, il teste ses dessins humoristiques et ses sketchs ! C’est aussi là-bas qu’il va rencontrer Laurent, son compagnon.  

Fin 2001, une collègue l’encourage à s’inscrire aux cours de théâtre du Ministère de la Culture. Pendant 5 ans, il va suivre ceux de Monick Lepeu [une ex- du Cours Simon]. Exigeante, rassurante, elle l’encourage à jouer et à s’investir sur les planches. Une fois de plus, Cyril fait pleurer de rire ses camarades lors d’improvisations. L’envie de faire marrer son auditoire est toujours plus forte. Il aime «l’impact sur le corps des autres ; cette réaction physiologique directe qui bouleverse le corps et le système nerveux. Comme une communion…». Parmi ses idoles, il y a Coluche, Muriel Robin et Elie Kakou. Pour leur humour «dandy» et leur amour des mots, il admire aussi Raymond Devos et Pierre Desproges.  

S’ensuit une pause de 4 ans, pour cause de Doctorat et de soutenance de thèse : «Le corps qui reste … Travestir, Danser, Résister». Alors que son frère décide de quitter ce monde, Cyril préfère se souvenir du frère comme celui qui l’avait fait rire depuis qu’il était enfant. Il met alors l’humour et le rire au- dessus de tout parce qu’il sait depuis toujours qu’il est salvateur !  

En 2009, il se remet alors à chercher un cours de théâtre et découvre par hasard, sur internet, l’école «Le Bout». Une école de one man show qui permet d’apprendre à écrire et à interpréter ses propres sketchs : Cyril n’en attendait pas autant ! Actuellement en 3ème année dans cette école de café-théâtre, son personnage «Corinne» [une caissière, inspirée de son expérience professionnelle] voit le jour en 2009 avec Nathalie Javelle. Suivront alors, «le gardien de prison», «le guichetier gay» [d’une backroom] puis d’autres sketchs, qu’il peaufine avec l’aide de Christophe Zinck et de Christine Berrou. A l’école du One Man Show du «Bout», il y retrouve des professeurs à fortes et originales personnalités qu’il n’avait pas rencontrés depuis le «Logis du Roy» à Amiens. 

Ne supportant pas le mépris des élites vis-à-vis des petites gens, il aime «donner de la voix aux faibles, aux loosers, faire la promotion de l’anti-réussite sociale». Il veut devenir «une sorte de Michel Houellebecq, mais en plus drôle»… Grâce à cette école qui le prépare à jouer, à trouver des armes afin de se confronter à la réalité du métier, Cyril apprécie le soutien collectif. L’union fait encore la force et permet de tisser un réseau professionnel absolument incontournable. Le rêve de notre humoriste en herbe, serait de pouvoir mettre en œuvre son 1er one man show, vivre de son métier et avoir assez de ténacité pour aller jusqu’au bout … de l’aventure ! 

Coluche jouait du violon avec des gants de boxe. Cyril lui peut jouer sur une corde. Une corde sensible …

Cyril Iasci présente son spectacle "Monument Hystérique" le lundi soir à 20h00 au Théâtre Popul'air du Reinitas - 36, rue Henri Chevreau - 75020 PARIS - Réservations : http://www.billetreduc.com/101728/evt.htm

Retrouvez-le aussi le jeudi soir (4 humoristes / 4 univers) à 21h30 au Sonart - 55, rue Jean-Baptiste Pigalle - 75009 PARIS - Réservations : http://www.billetreduc.com/101961/evt.htm

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