Emilie, comédienne, auteure, réalisatrice et coach


Un visage très expressif, tantôt désarmant, tantôt rieur. Une photogénie indéniable, des projets à foison et de l’humour à revendre ! C’est inédit, je dresse cette fois le portrait d’un caméléon canon : Emilie Caillon ! Cette comédienne se décrit elle-même comme «créative et passionnée». Quand vous la connaîtrez, vous penserez que c’est tout à fait exact. Mais pas seulement !

L’humour a une place indispensable pour Emilie. C’est plus fort qu’elle ! Pourtant, elle sait bien que ça peut desservir les femmes. Encore à l’heure actuelle, ce n’est pas toujours bien perçu hélas. Mais c’est aussi un merveilleux moment de complicité et une façon de communiquer avec les autres. D’ailleurs, elle adore cette citation d’Oscar Wilde : «Si vous voulez dire la vérité au gens, faites les rire, sinon ils vous tueront. »

© O. Martel - http://www.olivier-martel.com
Emilie, naît et grandit à Paris. Ses parents divorcent alors qu’elle n’a que deux ans. C’est ainsi qu’elle naviguera entre la rue des Bernardins (chez son père), la rue Monge (chez sa mère) et à La Baule (chez ses grands-parents). C’est rue du Bois d’Amour, à La Baule qu’elle vivra un temps et fera sa première année d’école maternelle. Puis, elle grandira ensuite dans le 15ème arrondissement. Elle retournera immanquablement et régulièrement à La Baule, où elle vivra à l’internat du Lycée Grand Air de 15 à 17 ans.  
Comme pour beaucoup d’entre nous, l’adolescence se caractérise par son lot de questions sans réponses. Trop introvertie, Emilie découvre le théâtre à 13 ans à la Compagnie du Répertoire à Paris. Cette 1ère année sur les planches ne sera pas évidente. Le déclic se produira l’année suivante. Elle a 14 ans et son imaginaire déborde ! Immense bonheur quand elle réalise qu’elle peut entraîner le public dans son univers. Embarquement pour Cythère ! Elle étudie le répertoire classique et contemporain. La suite de son parcours : ici.

Emilie débute le coaching en 2002, un peu par hasard. Elle réservait ce travail de coach pour «plus tard». Alors qu’elle filme une session de coaching pour le Ministère de l’Equipement, elle se rend compte (ainsi que son entourage professionnel), qu’elle possède un talent certain d’observation. Apprentie comédienne à cette période, elle se passionne pour la communication non verbale d’Edward T. Hall (Cf. La dimension cachée) et sait instinctivement trouver le point sur lequel travailler pour faire progresser la personne coachée. Elle se lance alors, relativement jeune, dans le coaching auprès d’un public de quinquagénaires, puis d’élèves comédiens plus ou moins jeunes. Elle se sent rapidement légitime dans ce rôle qu’elle trouve valorisant, enrichissant et exigeant. Il lui est arrivé d’avoir jusqu’à 80 élèves par session mais travaille généralement en petit comité ou individuellement. (Atelier du présent pour Acteurs, Atelier du présent)

Pour Emilie, le rapport au corps, à l’instinct et à l’instant est très important. Le corps possède une manière de réagir qui ne ment pas. Comme disait Jouvet : «Tout est faux sauf le corps». L’efficacité et l’énergie proviennent d’une hygiène de vie nécessaire au théâtre ou au monde du spectacle. Que ce soit du yoga ou tout autre échauffement vocal et physique, les répercussions sont indéniables mentalement, physiquement et même professionnellement. La dimension spirituelle est également essentielle pour Emilie. Eléments terrestres, célestes ou aquatiques, nous faisons partie d’un tout, d’un ensemble vivant et en mouvement !

Si l’acteur est protégé par un rôle, le réalisateur s’expose davantage. Il impose son point de vue, ses opinions et se dévoile beaucoup plus qu’un acteur. En 2011, Emilie réalise son premier court-métrage d’animation : «WHAT'S LOVE ? A Patate Love Story». Elle a en projet actuellement, «La chute» un autre court-métrage, un long-métrage (une comédie romantique) ainsi que l’écriture d’une série pour la télévision.

En stage à Londres il y a quelques années, Emilie assiste par hasard, à l’interview d’un grand acteur britannique dans un parc public. A la question du journaliste – « Que pourriez-vous donner comme conseil aux jeunes acteurs ? », il répondit : -« Avoir confiance ! » … Elle n’en a pas perdu une miette. De la réalisation au coaching, il n’y a qu’un pas. Avec ce savoir-faire, cette fibre naturelle chez elle, Emilie aime observer les gens, les voir s’épanouir et évoluer. Grâce à ses conseils et à des outils de jeu précis, vous obtiendrez des résultats rapides. La confiance à transmettre est ce qui lui importe le plus. Et c’est par la technique qu’elle permet à ses élèves d’atteindre cette confiance.

Si elle n’a rien contre les cérémonies, Emilie trouve que la cérémonie des Césars est un exercice périlleux que très peu ont su animer avec talent, subtil mélange d’humour, de simplicité, d’élégance et de sincérité. Elle pense que ces rituels doivent néanmoins exister et trouve cette forme de reconnaissance importante pour les acteurs. Parmi ses acteurs fétiches, elle cite : Julian Moore, Julia Roberts, Meryl Streep, Meg Ryan, Guillaume Gallienne et Karin Viard (Cocorico !) …

Sachant qu’elle se rend régulièrement au Festival de Cannes depuis plusieurs années, je lui ai demandé d’illustrer la tenue de ses rêves pour une prochaine montée des marches, sur le mythique tapis rouge :
Elie Saab, Haute Couture Printemps-Eté et Automne-Hiver 2013-2014


Dans un futur proche, Emilie aimerait particulièrement tourner dans des films d’époques (ce qu’elle a déjà fait à plusieurs reprises), réaliser un long-métrage (avec un rôle dedans), développer son court-métrage «WHAT’S LOVE ? A Patate Love Story» en série et enfin, rédiger un livre sur le coaching (traduit en plusieurs langues) !

Emilie Caillon vous attend nombreux à ses prochaines sessions de coaching ! Les liens pour tout savoir, ou presque :


Page personnelle : www.emiliecaillon.com
Atelier du présent pour acteurs : http://atelieracteur.com
Atelier du présent : www.atelierdupresent.com

François


François dans les grands
salons de la Sorbonne
Impossible de ne pas faire un peu d’histoire et de géographie afin de dresser le portrait de François Lê. Un prénom français et un nom Vietnamien. A travers lui, nous allons découvrir le récit d’une famille aussi captivante qu’émouvante. Mais revenons tout d’abord au Viêt Nam, terre natale de ses parents. Le pays est bordé par la Chine au nord, le Laos, le Cambodge et le golfe de Thaïlande à l’ouest et la mer de Chine méridionale à l’est et au sud. La guerre d’Indochine est un conflit armé qui se déroule de 1946 à 1954 en Indochine française. Elle aboutit à la fin de cette fédération, ainsi qu’à la sortie de l’Empire colonial français des pays la composant et à la division en deux États rivaux du territoire vietnamien [le nord Viêt Nam communiste et le sud Viêt Nam, non communiste]. La famille Lê (paternelle) et la famille Cao (maternelle) viennent du sud. Plus précisément de Saigon (Hô-Chi-Minh-Ville pour les communistes) et de Vinh Long.

L’une des ancêtres de François serait arrivée de Chine pour trouver du travail. Son frère et elle font alors partie d’une troupe d’artistes ambulants. Cette arrière-arrière-grand-mère se marie à un vietnamien et se sédentarise. Elle perd la trace de son frère, qu’elle retrouvera des années plus tard. Resté artiste ambulant, elle reconnait son frère grâce aux baumes qu’il vend sur son tapis !

Les deux branches de la famille de François se caractérisent par des positions sociales différentes. L’arrière grand-père maternel de François est un haut fonctionnaire du Ministère de la Justice. Domaine de prédilection pour cette branche de la famille.

En 1954, les Accords de Genève marquent la fin de la Première Guerre d'Indochine entre la France et le Viêt Nam. Il est alors possible de choisir entre la nationalité française et la nationalité Vietnamienne. Or, des tensions montent rapidement entre le nord et le sud du Pays. En choisissant la nationalité française, les emplois dans l’administration sont interdits. La famille Cao opte pour la nationalité française. La famille Lê, bien que francophone, conserve la nationalité vietnamienne. Un choix qui s’avérera crucial par la suite.

Hung (Lê) rencontre Thanh (Cao) lors de ses études de droit à Saigon. Ils ont 20 ans et sont libres de sortir ensemble où et quand ils veulent dans le Viêt Nam des années 70. Ils seront présentés par le frère de Thanh, qui est le meilleur ami de Hung. Thanh fait des petits boulots [à l’usine et comme couturière]. Après ses études, Hung travaille dans l’administration fiscale. En 1973, les États-Unis se retirent progressivement et définitivement du Viêt Nam.

Avec la chute de Saigon en 1975, le père de François qui est fonctionnaire, ainsi que ses 3 frères militaires sont pourchassés et risquent d’être envoyés dans les camps de rééducation du nord. Ils se cachent plusieurs mois dans la campagne. Thanh, qui rappelons-le, possède la nationalité française ainsi que les autres membres de sa famille, est enceinte. Elle sera rapatriée en France en 1977, avec toute sa famille. En revanche, Hung (Lê) prend la fuite comme boat people. François me rappelle que généralement 1 personne sur 2 mourait sur ces embarcations de fortune. Après avoir dérivé en Mer de Chine ou dans le Golfe de Thaïlande, Hung (Lê) séjourne quelques mois dans un camp de réfugiés en Thaïlande. Alors que la majorité de ses compatriotes attendent de partir pour les Etats-Unis, Hung demande l’asile à la France.

En 1979, à 27 ans, il retrouve enfin Thanh en France et fait la connaissance de son fils Frédéric, déjà âgé de deux ans. François naît en octobre 1980, suivra son frère Louis en 1982. Dans ces années-là, il est courant chez les vietnamiens de donner un prénom originaire du pays d’adoption. Thanh s’occupe désormais de ses fils, fait des ménages et deviendra gardienne de musée, comme son père avant elle [alors qu’il ne parlait pas le français]. Hung fait divers petits boulots avant de prendre des cours du soir et passe un CAP électronique. En 1982, il entre chez OTIS et obtient un logement HML. Il décroche une formation en informatique dans le cadre du FONGECIF. En 1990, la famille Lê achète une maison à Villeneuve Saint-Georges.

François dans les années 80
François grandit dans le Val de Marne, où il habite toujours. Il est bon élève, plutôt sérieux, aime l’école, fait ses devoirs tout seul et bénéficie, étonnamment, de la protection des caïds de la classe ! A la maison, on parle le vietnamien mais on se fait sermonner en français ! La langue française sera d’ailleurs pour la branche paternelle, la langue du secret, surtout vis-à-vis des enfants à la maison.

Un père catholique, une mère bouddhiste, chacun est libre de ses choix à Villeneuve Saint-Georges. Si François est baptisé et a fait sa 1ère communion, son benjamin privilégie la religion bouddhiste. Hung (Lê) emmène toute sa famille en vacances dès 1984 ! Ils partent en camping à Carnon, station balnéaire de l'Hérault, à 20 ou 30 [cousins, parents, enfants, grands-parents] ! François aime déjà le foot et n’a pas de rêves particuliers étant petit. Il a néanmoins de grandes facilités à l’école. Sa famille l’incite et le pousse à bien travailler. Il fera Maths & Economie à l’Université jusqu’au Master. Il débute sa carrière professionnelle au Ministère de la Santé, puis dans une Autorité administrative indépendante. Très prochainement, il va rejoindre une autre Administration parisienne.

En juin 2012, François perd brutalement son père, Hung (Lê), alors seulement âgé de 60 ans. En mars 2013, il entreprend un voyage au Viêt Nam alors qu’il n’y était pas retourné depuis 13 ans. Moins sensible au retour sur le sol de ses ancêtres que par les retrouvailles avec les membres de sa famille, ce sont surtout les gens qui l’intéressent. Il passe du temps avec les membres de sa famille paternelle, essentiellement à Saigon [une ville grouillante], à Vinh Long et au Cap Saint-Jacques, le Deauville local.

Avec sa double culture, François adore la façon dont les vietnamiens voient les français ! Nos repas durent trop longtemps, on mange tout le temps du pain [sa tante lui en achète à chaque fois qu'elle l'invite] et on mange – parait-il -  du crocodile ! La blague qui court au Viêt Nam : " Un français va au restaurant et commande un café. Le serveur se trompe et lui amène du thé. Le français dit "faux". Et le serveur revient alors avec un bol de Pho".
Retour au Viêt Nam en mars 2013

L'école commence à 7h00 du matin et comme tous les pays asiatiques, c'est l'hégémonie des cours privés. Tous les étudiants, dès l’âge de 14 ans, prennent des cours supplémentaires [notamment d’anglais]. Une petite classe moyenne commence à émerger, capable de s’offrir des vacances à la mer de 2 à 3 jours (!). C'est un début, l'économie progresse. Le dimanche, au lieu d’aller à la messe, les gens vont libérer des poissons vivants qu'ils ont achetés juste avant à la poissonnerie, dans le fleuve [une croyance bouddhiste liée à la réincarnation] ! Conduire en 2 roues, relève de l’exploit. Il y a des feux rouges que l’on a le droit de griller si l’on tourne à droite. On roule souvent à contre-sens et on klaxonne tout le temps ! François nous explique aussi que le scandale alimentaire au Viêt Nam, ce n’est pas le cheval mais la viande de buffle à la place du bœuf ...

Il y a encore un reste de France là-bas. D’ailleurs, les français bénéficient d’un capital sympathie et la population essaie de dire 2 ou 3 mots comme : " Pourquoi dit-on un cheval et deux chevaux ? Ils sont compliqués les français ! ". Le beurre coûte l'équivalent de 3 kg de riz et les vietnamiens en raffolent. Alors, le beurre [Président] est protégé par antivol dans les magasins !

Là-bas, les informations internationales commencent toujours par la Chine et la Corée du Nord ! Le parti possède un bureau dans toutes les villes ; François découvre les affiches de propagande. Le nouvel an vietnamien est passé, il reste cependant des affiches : " Vive la nouvelle année, vive le parti ...". S’il a mis du temps avant de retourner au Viêt Nam, ce sont justement pour ces raisons d’idéologies politiques et par manque de libertés (par exemple, Internet est censuré).

François a hérité de son père, son sens de l’humour et sa répartie. Quelque soit la religion au Viêt Nam, la seule qui unit aujourd’hui encore le peuple est le culte des ancêtres. Pas une maison qui n’ait à l’entrée la photo des parents et des grands-parents. Le jour du nouvel an, on invite les disparus à sa table. L’équivalent de notre Toussaint, en quelque sorte.

François se projette d’ici une dizaine d’années avec une femme et des enfants. S’il gagne au loto [il est très joueur !], il partagera ses gains avec sa famille [qui compte énormément pour lui], voyagera un peu et créera une fondation. Il a des goûts simples, aime les soirées foot et par dessus tout, les soirées entre amis au restaurant. Son pêché mignon ? Les chaussures ! Il peut acheter 5 ou 6 paires par an !

Hasard ou coïncidences, ses deux grands-pères s’appelaient tout deux « étoile » : Lê Van Sao (Sao, signifie « étoile ») et Cao Huu Thien Etoile (prénom français donné par son père) ! Deux étoiles filantes, aux trajectoires exceptionnelles … Qui pourrait donc en vouloir à François d’être parfois dans la lune ? Pas moi.

Cảm ơn nhiu lm François !

Isabelle

Reposez votre Gala et lisez-moi ça ! Isabelle est blonde avec des yeux bleus perçants et elle est coiffeuse. Voilà pour le cliché. Elle possède aussi de jolies boucles naturelles qu’elle affectionne ! Alléluia ! La coiffure est une véritable vocation pour Isabelle. Petite fille, elle coupait déjà les cheveux de ses poupées et adorait «aller chez le coiffeur» avec sa mère. Elle chérissait l’atmosphère prodigieuse de ce monde tourbillonnant, l’odeur de la laque, les sourires, le fait que l’on prenne soin d’elle avec bienveillance et douceur. Le plus bel endroit au monde !
 
Isabelle grandit dans les Ardennes, à Charleville-Mézières. Sportive, elle pratique la natation, le tennis et le basket. Pendant plusieurs années, elle part en vacances avec son petit frère et ses parents fonctionnaires [une maman laborantine et un papa cuisinier] à Alès dans le Gard. Des vacances de rêves dans un camping, où son frère et elle retrouvent une bande de copains d’une année sur l’autre. Elle redouble sa troisième car elle n’apprécie pas vraiment l’école. Elle aime plutôt composer des bouquets de fleurs des champs ou réaliser des bijoux en cachette [faisant croire qu’elle potassait ses devoirs] ! Elle entre en apprentissage, ce qui lui semble plus concret et plus judicieux que d’aller au lycée. Elle décide alors de suivre une camarade afin de s’inscrire dans une école de coiffure et d’y passer un CAP. Isabelle est impatiente d’entrer dans la vie active, de découvrir le monde professionnel et surtout de quitter le giron familial.
 
Elle trouve un maître d’apprentissage dans un salon de Charleville-Mézières. C’était assez joyeux, elle était entourée alors de collègues plus âgées qu’elle mais bienveillantes. Peu de temps après, son frère lui emboîte le pas et devient apprenti coiffeur à son tour, dans le même salon. Dans le train qui la reconduit chaque jour chez elle, Isabelle note et décortique dans un cahier toutes les réflexions qui vont lui permettre de mieux appréhender les gens, et surtout d’affiner son expertise capillaire. Elle analyse ses gestes, visualise, cherche et progresse. Son sens de l’observation, son intuition et sa sensibilité vont lui permettre de percevoir les peurs, les doutes, les rêves de ses clients. Leurs postures et leurs gestuelles deviennent autant d’indices pour elle. Une vraie tête chercheuse !
Elle aime prendre son temps, écouter pour contenter une demande ou faire des propositions. La coiffure est pour elle un art éphémère dont elle aime l’aspect créatif et manuel. Elle aime aussi aider les femmes à réparer l’estime d’elles-mêmes, quels que soient leur âge, leur condition sociale ou leur apparence.

L’approche de la coiffure est très différente selon qu’elle coiffe un homme ou une femme. Avec les hommes, c’est souvent drôle, léger mais mécanique et assez répétitif [instructif, n’est-ce pas ?]. Ils sont peu enclins aux changements, voire récalcitrants. Avec eux, ce n’est jamais assez court ! Tandis qu’avec les femmes, c’est tout l’inverse : « Surtout pas trop court !" [la demande récurrente] ! Comme dans le sketch de Muriel Robin : « On coupe mais on garde toute la longueur» ! Coiffer une femme, ce sont les discussions profondes, de l’ordre de l’intime. Il y a de la sensibilité, de l’écoute, des confidences et de nombreux échanges. Avec les enfants, ça décoiffe ! Elle aime aussi qu’ils se trouvent beaux. Elle pense notamment à une petite fille un peu ronde, à qui elle a permis de se trouver jolie grâce à un chignon magique ! Il lui est arrivé de coiffer jusqu’à 3 ou 4 générations.

Coiffeuse depuis plus de 25 ans, Isabelle a travaillé 16 ans dans un salon de la rue de Bellechasse du select 7ème arrondissement de Paris, où elle s’épanouira et s’amusera beaucoup. Ce sera pour elle une merveilleuse expérience ! Néanmoins, l’envie de bouger qui la taraudait depuis 7 ans déjà, va alors se préciser. Après avoir songé un temps à l’enseignement de la coiffure, Isabelle va entreprendre un bilan de compétences. Assez naturellement, son bilan l’oriente vers le conseil en image. Une amie lui rappellera des années plus tard, qu’elle endossait déjà ce rôle à la perfection à l’adolescence. Une vocation vous disait-on.
 

Isabelle se jette à l’eau et entame une formation de plusieurs mois à l’Institut de Relooking International [IDRI]. Cette nouvelle voie, n’est pas une recherche éperdue d’esthétique mais l’envie d’aider les gens à accoucher d’eux-mêmes. Isabelle serait donc sage femme, sans le savoir.
 

Son approche en tant que coach se veut humaine : répondre aux besoins, être à l’écoute, ne pas juger et ne pas déguiser les gens. Eveiller et valoriser l’image de soi, tendre vers plus d’assurance, de bienveillance, se regarder différemment font partie de ses objectifs. Pour Isabelle, personne n’est moche ! Elle n’a rien contre les émissions et la médiatisation du métier de relookeur. Elles ont le mérite de faire connaître cette profession au plus grand nombre.


Sa démarche se distingue de ses homologues relookeurs, coachs ou conseillers, par une grande écoute, une passion pour la couleur [ses effets, sa symbolique, ses harmonies], un savoir faire et une expertise évidente dans la coiffure. Lorsqu’elle vous rencontre pour la 1ère fois, Isabelle regarde votre façon de bouger, de parler, si vous êtes ouvert, agréable. Elle pourrait passer des heures à une terrasse de café pour observer les passants, de manière accueillante, tolérante et professionnelle. Elle aime sincèrement les gens et attend d’eux qu’ils se racontent autrement que par des mots.

Désormais, Isabelle possède le statut d’auto-entrepreneur afin d’exercer son nouveau métier. Elle continue de se former, notamment au maquillage, participe à des salons et mise sur un solide carnet d’adresses ainsi que le bouche à oreille afin de prodiguer ses conseils. Quand Isabelle ne relooke pas, elle aime voir des expositions de peinture, la photographie, le cinéma, la marche à pied [à travers Paris en l’occurrence], le yoga, se faire masser et créer des bijoux [une vraie drogue] !

Avouez qu’un tri de votre garde-robe ne serait pas inutile ! Nous avons tous besoin de conseils à un moment donné, surtout dans une société ou l’apparence compte à ce point. Un avis s’avère souvent bien utile sur la coupe d’un vêtement, notre morphologie, pour révéler nos atouts ou encore camoufler nos petits [ou gros] défauts. Dieu merci, vous avez désormais une adresse de confiance : celle d’Isabelle !


Dessin provenant de l'album Gloria va à l'essentiel, de Marianne Maury Kaufmann dite MMK ©
« Parce qu'il est essentiel de prendre soin de soi et de son image, j'ai créé mon agence de conseil en image pour répondre à vos besoins, de la tête aux pieds. »

Isabelle est dans le ELLE du 17 janvier 2014

Sur rendez-vous uniquement au : 06.84.62.13.62

Le site d’Isabelle (conseils, prestations, tarifs, coordonnées) : 
http://www.isabelle-berthet.com/

Fabienne dite "Fafa"


Soulac-sur-Mer, une station balnéaire florissante du XIX ème siècle, située à 90 km au Nord de Bordeaux, qui est aujourd’hui encore très prisée des touristes pour sa Basilique «Notre Dame des fins des terres», son couvent des Bénédictins, son casino, ses plages immenses, le glacier «Judici» , le marché hebdomadaire et … le Bar des Amis (B.D.A. pour les initiés).

Le B.D.A., un lieu haut en couleur [le orange en l’occurrence] comme sa patronne ! A l’heure des bars «lounge» et des endroits impersonnels, Fabienne a su conserver l’âme et l’authenticité de ce bar qu’elle rachète par hasard avec son mari en 2005. Dès lors, le lieu devient le «spot» incontournable de la station, un endroit où se côtoient en toute décontraction les médocains [de 20 à 65 ans], les artistes, les touristes étrangers [allemands & anglais] mais surtout les Bobos bordelais et parisiens … Rapidement l’idée fût de développer un lieu convivial et de conserver l’esprit «bistrot».

Fabienne Blanchou naît le 6 mai 1960 à 6H du matin, chambre n° 6 à Bordeaux. Elle tombe immédiatement dans la limonade. Fille unique, ses parents tiennent un café rue de la plage. Sa mère espérait secrètement faire une carrière de chanteuse d’opérette. Elle chantera d’ailleurs avec Mady Mesplé. Fabienne a une profonde affection et une grande admiration pour son père qui était officier de marine marchande. Très drôle, pince sans rire, il peignait à ses heures perdues. D’ailleurs, ses toiles sont aujourd’hui accrochées aux murs du B.D.A., comme un témoignage pudique de l’amour que lui porte Fabienne. Son père lui fait découvrir le jazz, elle lui fera découvrir le Rock n’roll. A la maison, ils écoutent Brel, Gréco, Brassens, Ferré, etc. Avec un papa officier de marine, Fabienne passe beaucoup de temps avec sa mère.

Elle évoque avec tendresse ses grands-parents, surtout ses deux grands-mères. Ca nous rappelle soudain quelqu’un ! Des femmes indépendantes [financièrement], des femmes de tête, des grandes-gueules aux grands cœurs qui portent la culotte … D’ailleurs l’une d’elle est «culottière», terrienne, excellente cuisinière, et accessoirement l’épouse d’un docker de Bordeaux. La seconde est brodeuse, rue d’Aboukir chez des Juifs du Sentier. Elle suivra son mari, militaire de carrière, dans l’Atlas des années 30.

Fabienne est une petite fille sage, solitaire, introvertie et entourée d’amour. Elle rêvait d’être écrivain. D’ailleurs, elle lit beaucoup et depuis toujours. Garçon manqué, elle aime les jeux d’extérieur et le plein air ! Son truc à elle, c’est le vélo et le patin à roulettes ! Bonne élève, elle n’aime pourtant pas l’école. Elle va vite détester tout ce qui l’arrache à son cocon familial. Elle a horreur des obligations. Pourtant, elle doit se résoudre à partir en internat à Bordeaux pour ses études. Elle se souvient d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps l’année de ses 15 ans. Elle quitte rapidement l’internat pour vivre seule dans un appartement à Bordeaux. Elle sèche les cours et passe des journées entières au cinéma.


A 17 ans, elle revient à Soulac, essuyer les verres au fond du café familial … Elle réalise qu’elle ne va pas tenir bien longtemps ! Son Bac en poche [qu’elle décroche en candidat libre], la vie lui appartient ! Elle entame un DEUG en Fac de langues, et part effectuer un bref séjour à Wimbledon en Angleterre. Très rapidement, elle parle l’anglais et l’espagnol. Entre 20 et 30 ans, la petite fille introvertie se déchaîne et s’affirme ! Moto tout terrain, surf, boxe française, danse, drogues, alcool et Rock’n Roll : Fabienne a la fureur de vivre ! Elle va enchaîner les petits boulots [vendeuse de chaussures, assistante dentaire, barmaid, vendeuse de pub pour NRJ, vendeuse de vin chez un courtier de Bordeaux, etc.]. Fabienne s’installe à Bayonne en 1980 et navigue dans le pays basque pendant cinq ans, au cours desquels elle pratique le Bodyboard. Elle a 22 ans quand ses parents revendent leur affaire rue de la plage. Bien qu’ils lui proposent de reprendre le café, elle se jure alors de ne jamais faire ce métier !

Elle rencontre Bruno Juillet, l’été 1988 ; elle a alors 28 ans. Bruno travaille comme saisonnier à Soulac. Parce qu’elle a peur de se faire «piétiner le cœur» par cet homme, il lui fera une cours assidue pendant un an ! Ils vivent 5 ans ensemble à Bordeaux avant de s’installer définitivement à Soulac. Fabienne a alors 33 ans quand ils donnent naissance à Paul en 1993. Suivra Luc en 1996. Des prénoms d’apôtres ? Pas du tout ! Luc, c’est Skywalker et Paul, c’est Atréides (Leto) dans Dune ! Ses deux fils sont des "messies" de science fiction ! La maternité était loin d’être une évidence pour Fabienne ! Elle avoue même avoir détesté ça ! Autant elle n’aime pas les enfants [surtout mal élevés], autant elle adore les adolescents ; cette période si délicate à franchir. De son fils aîné, elle dit qu’il est secret, taiseux et très sensible ; du cadet, elle le décrit drôle et insouciant. Il lui est arrivé de se sentir coupable, d’être une mère «indigne» à cause de son métier. Les clichés, le regard des autres étaient parfois lourds à porter. Elle sait qu’elle doit beaucoup à son homme dans l’éducation de leurs fils.

En 2005, Fabienne épouse Bruno [le jour de l’anniversaire de son père qu’elle perd en 2001] et se fait licencier du Centre Héliomarin de Montalivet (dit « CHM » ou « Monta », le plus vieux centre naturiste d’Europe), où elle travaillait pourtant depuis 15 ans [incompatibilité d’humeur avec son P.D.G.]. Elle y rencontrera des gens passionnants, d’horizons très variés et apprendra l’allemand sur le tas ! Alors qu’elle pensait prendre une année sabbatique, elle se retrouve propriétaire 3 mois plus tard du Bar des Amis. Un Bar qui décidemment porte bien son nom quand on connaît l’importance capitale de l’amitié pour Fabienne. Rarement déçue, l’amitié est pour elle une valeur aussi fondamentale que la famille.

Quand elle ne travaille pas, Fabienne aime lire [surtout des polars le soir au fond de son lit], se balader sur la plage, faire du vélo [en musique], de la photo et marcher seule dans la forêt [au moment des champignons !]. Contrairement aux apparences, elle est casanière, se sent proche de sa famille, de la nature, adore les chats [Kenny, Wasa et Raymond le SDF, pour ne citer qu’eux] et peut s'allonger dans l’herbe juste pour observer la cime des arbres …

En 2010, elle loue son Bar pour le tournage d’une série télé «Section de Recherche», qui devrait être diffusé très prochainement. A ses amis musiciens, elle demande de venir faire des bœufs l’été au B.D.A.

Fabienne a beaucoup voyagé mais à Soulac elle se sent hors du monde, enveloppée par l’Océan et enracinée dans ses souvenirs douillets. Très attachée à son enfance, «Nanette» [son petit surnom] dit avoir du mal à passer à l’âge adulte. Jamais sérieuse, rigoureuse, exigeante, Fabienne avoue être «égoïste et s’accorde des libertés qu’elle n’accorde pas aux autres …». Elle est surtout optimiste, fiable, épicurienne, cultivée, franche [toute vérité n’est pas bonne à dire, elle le sait]. Grâce à sa grande capacité d’écoute, elle fait de la psychanalyse à 3,50 € le verre ! Un vrai métier «d’utilité publique». Les gens viennent se confier, chercher de la chaleur humaine. C’est vrai qu’il y a de la chaleur au B.D.A. grâce à un véritable lien social et amical.

Pour Fabienne, ouvrir son Bar c’est entrer en scène. Le lever de rideau, c’est deux fois par jour : en matinée et en soirée, comme au théâtre ! Des brèves de comptoir, elle en a entendues ! Comme disait son papa «la vie c’est toujours plus facile quand on est un petit peu bourré !». Une phrase qui n’aurait pas déplu à Jean Carmet …

La maison ne prend par la carte bleue !
Vous y trouverez une belle carte de vins [locaux bien sûr ! on est quand même dans le Médoc] et des tapas variés.
On peut aussi acheter du vin en vrac (rouge, blanc, rosé).
Cheminée en hiver – terrasse en été
Wifi

La phrase culte de la maison :
« L’alcool ne résout pas tous les problèmes, ceci dit l’eau et le lait non plus ! »
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Le Bar des Amis
35 Rue Trouche
33780 Soulac-sur-Mer


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Barbara


Barbara a célébré le nouvel an dans un Ashram du Sud de l’Inde, dans la région du Kerala. L’année 2012 débute sous le signe de la spiritualité, de l’éveil et du voyage intérieur C’est en discutant avec une amie, du peuple tibétain et de la médecine indo-tibétaine, que Barbara a l’idée de partir là-bas. Elle sait que ce n’est pas un voyage facile, ni anodin, d’autant qu’elle part seule. C’est pour cette raison qu’elle décide de rejoindre l’Ashram d'Amritapuri, de renommée internationale.

Une fois sur place, elle a un énorme coup de cœur pour la région du Kerala. Elle passe 3 semaines entre Trivandrum, Cap Comorin et Cochin. Petit à petit, elle apprivoise les us & coutumes locales, découvre la complexité de la culture et une certaine approche de la spiritualité. Pour elle, la méditation devient définitivement «une pratique qui s’inscrit dans une philosophie de vie». Elle découvre les techniques de méditation mises au point par Mata Amritanandamayi ou Amma [Mère] comme on l'appelle.


Avant ce voyage, Barbara n’avait jamais entendu parler de cette femme. Pourtant, et malgré elle, Barbara va vivre une expérience unique, l’une des plus profondes au cours d’une vie. Amma enlace toute personne qui vient à elle et la serre dans une étreinte pleine d'amour et d’énergie, sans se préoccuper de la croyance des individus, de ce qu'ils sont ni de la raison qui les a amenés à elle. Barbara recommencera l’expérience 3 fois au cours de son séjour …

Barbara commence la méditation début 2007 à Paris, sur les conseils amicaux et précieux de son ostéopathe. Elle trouve une école adaptée au mode de vie occidentale, créée par Suvannavira, qui est au bouddhisme, ce que le Père Guy Gilbert est au catholicisme ! Avec Suvannavira, l’habit ne fait vraiment pas le moine [bouddhiste]. Né en Russie, il grandit en Angleterre et ouvre cette école à Paris. Dès lors, Barbara va apprendre avec lui les techniques de méditation et s’astreindre à une pratique plus ou moins régulière. Depuis son voyage en Inde, Barbara médite chaque matin au moins 20 minutes, que ce soit chez elle ou dans le métro !


Alors qu’elle lit un article dans le magazine «Psychologie», Barbara tombe sur une formation qui l’intrigue. Elle se rend à une journée portes-ouvertes, trouve l’école sérieuse [ni spirituel ni ésotérique] et décide de s’y inscrire afin de devenir «Maître praticien en énergétique». Pour elle, «chacun est capable de transmettre une énergie, du réconfort, de l’amour ou de la tendresse». Question de sensibilité ou d’ouverture d’esprit. En revanche, elle a encore du mal à se sentir une thérapeute légitime. Grace à sa formation, elle espère acquérir suffisamment de pratique et d’aisance.


Barbara nait le 8 avril 1979 dans le Nord de la France. Elle grandit à Comines, une ville frontalière avec la Belgique. C’est la belle vie, jusqu’à l’âge de 5 ans. L’âge fatidique au cours duquel arrivent deux petits boulets chéris : Emmanuel & Sandra, les jumeaux ! Barbara est une excellente élève : la 1ère de sa classe. Très tôt, c’est une rebelle à l’autorité en général, et à l’autorité parentale en particulier ! Ses parents sont très présents tout au long de sa scolarité ; surtout sa mère qui vise l’excellence : classes d’allemand, de maths, de bio, de physique … Barbara obtient son BAC S [option mathématiques] à Lille avec une mention «AB». Elle rit et s’anime quand elle raconte ses souvenirs lors de la fameuse fête des louches à Comines. A la suite de quoi, il fallait «crâner» aux auto-tamponneuses de la fête foraine avec les dites louches attrapées au vol, coincées dans le jean !


Pas très encline à faire une prépa, elle intègre une école d’ingénieur Télécom à Villeneuve d’Ascq. La voici engagée pour 5 ans d’études. Après de gros doutes en 2ème année, de nombreux stages [Paris, la Belgique], elle part travailler un an dans une start up de Redondo Beach, municipalité située dans le comté de Los Angeles, en Californie. Elle va vivre avec une joyeuse bande d’expatriés français en copropriété. Son patron – qui est caractériel - et cet emploi dans le développement informatique ne lui conviennent pas. A cette même période, et à seulement 3 petites heures d’avion, elle rend visite à son oncle d’Alaska ! Tombée sous le charme, elle aura beaucoup de mal à repartir de cet endroit.


A son retour en France, elle entame un DEA d’économie numérique à Nanterre de 2002 à 2003. Ses études lui plaisent tellement qu’elle sort major de sa promotion. On lui propose une bourse de thèse qu’il sera difficile de refuser ! Elle s’embarque dans l’aventure. Parallèlement à son DEA, elle travaille à mi-temps comme consultante au Comptoir des Signaux puis se met en quête d’un emploi à plein temps. A cette période, son directeur de thèse est souvent absent et Barbara traverse une situation affective douloureuse. Elle décide d’interrompre sa thèse, péniblement. Ce qui ne l’empêche pas de rebondir en partant 3 semaines au Sénégal, à Keur Madiabel, avec une association qui développe un centre numérique.


Elle s’installe dans le 19ème arrondissement en 2007, où elle aime d’emblée les Buttes Chaumont. En octobre 2008, elle intègre une Autorité Administrative Indépendante (A.A.I.), en qualité de chargée de mission.

C’est à la suite d’une invitation à un débat de quartier, qu’elle va mettre le doigt dans l’engrenage politique. Par curiosité d’abord, elle se rend à un meeting d’Europe Ecologie les Verts [E.E.L.V.]. Par conviction ensuite, elle va s’impliquer jusqu’à aujourd’hui dans l’action politique. Les questions écologiques et sociales lui tiennent à cœur. Depuis toujours, la pauvreté et la précarité sont des sujets qui la touchent profondément. Dans un 1er temps Barbara anime un groupe local dans son quartier. Elle participe ensuite à la campagne des Européennes mais refuse d’être sur une liste pour les élections régionales. En 2012, elle devient co-secrétaire d’E.E.L.V. à Paris et se lance dans la campagne législative en tant que titulaire. Concernant les qualités requises pour se lancer en politique, Barbara assure qu’il faut «être en accord avec soi-même, être intègre et juste dans ses prises de décision, et qu’on ne peut pas, hélas, plaire à tout le monde !».


En 2010, Barbara fait un voyage initiatique. Elle part en Pologne sur les traces de ses 4 grands-parents, qui fuient le pays vers 1930 afin de s’installer dans le Nord de la France. En 1930, la crise mondiale frappe la Pologne. Le programme d’industrialisation lancé au milieu des années trente sera interrompu par le déclenchement de la guerre. Ses deux grands-pères étaient mineurs mais ni eux, ni les parents de Barbara ne remettront jamais les pieds là-bas. Deux jours avant de partir, elle découvre qu’il lui reste de la famille à Rydultowy. Grâce à une amie de sa sœur - qui fera office de traductrice - Barbara peut faire la connaissance de cette branche inconnue de la famille, au cours d’une journée mémorable et chargée d’émotions. Il lui faudra aussi du courage pour se rendre à Auschwitz. Accompagnée d’un guide francophone afin de visiter le camp de concentration, elle s’identifie à certaines jeunes filles croisées sur des photographies. Elle encaisse et prend sur elle. A son retour à Paris, elle fond en larmes dans le cabinet de son ami ostéopathe …


Barbara est une femme amoureuse mais le silence est d’or. Elle doit en partie cette rencontre à l’humoriste Gustave Parking [et paraît-il, un peu à moi …] ! Comme quoi, on peut très bien être verte et voir la vie en rose ! Il lui est difficile pour le moment de se projeter dans un avenir proche. Elle trouve la vie parisienne épuisante et aimerait se rapprocher de la nature. Finalement, plusieurs options sont envisageables. Sans retourner sa veste pour autant, elle sait par expérience que ses positions peuvent changer.


Du coup, j’ai donné rendez-vous dans 10 ans à cette grande dame (au sens propre, comme au figuré), pour faire un bilan sur la place des Grands Hommes …

Jean-Christophe

Jean-Christophe Onno nait à Dax, une ville thermale, le 1er mai 1974. Jean-Christophe explique que son nom de famille "Onno", d’origine celtique, vient de «cours d’eau». Hasard ou coïncidence, son père d’origine bretonne et bourguignonne, est sourcier ! Sa mère, quant à elle, vient d’une famille de russes blancs, proche du Tsar.

Avec sa grande sœur, Jean-Christophe grandit à Linxe, un petit village des Landes où ses parents tiennent un magasin d’électroménager. Son enfance est plutôt joyeuse, égayée par les spectacles qu’il invente avec sa sœur. Bon élève, il aime beaucoup le dessin et la poésie. Sa mère l’encourage dans les arts [l’aspect terrestre], son père lui fait découvrir l’astronomie [l’aspect céleste].

Vers l’âge de 8 ans, il découvre l’histoire familiale de sa mère. Son grand-père, n’est autre qu’Henri Rollan, acteur de la Comédie Française et metteur en scène de théâtre, né en 1888. Sa grand-mère, Claude May, actrice elle aussi, tournera dans de nombreux films, notamment dans Ignace, avec Fernandel. En 1933, elle est élue Miss Palm Beach à Cannes. Une histoire familiale pittoresque, dramatique, romanesque, qui serait digne d’une saga ou d’un scénario. Je laisse le soin à Jean-Christophe de la raconter lui-même un jour …

Il est rapidement attiré par la musique et possède une véritable prédisposition. Il se souvient de son piano rouge d’enfant sur lequel, il compose déjà d’oreille, différents morceaux. C’est donc naturellement qu’il va apprendre le piano puis le solfège. Au collège, on lui demande d’improviser [un piano sera même transféré pour lui à la cantine !], c’est ainsi qu’il découvre et développe son goût pour le show.

Le paysage va s’assombrir à l’adolescence. A cette période il a peu d’amis, se sent marginal à cause de sa situation familiale complexe et de ses taches de rousseur … Au collège, il devient le bouc émissaire et se sent désarmé. Ses parents divorcent quand il a 17/18 ans. Sa mère retourne à Paris, alors qu’il reste dans les Landes avec son père, puis bientôt avec une belle-mère [psy et professeur de français]. Alors qu’il rêve de philo, il part dans les Pyrénées afin de passer un Bac A2 [lettres & langues] puis s’initier à la batterie. A 18 ans, il vit son 1er grand amour au lycée et se fait renverser par une voiture. Il sombre dans une profonde dépression et fait une croix sur sa carrière de batteur à la suite de cet accident. Entre le piano et la guitare, il ne sait pas encore quel instrument privilégier. Peu importe, il fera homme orchestre, comme Remy Bricka !

Il intègre la Fac de Bordeaux 3 puis part à Marseille dans une école privée afin d’apprendre les techniques du son. Grâce à de bons profs, il aura une véritable révélation pour l’image [il cite René Char] et se prend de passion pour le cinéma. Il laisse [temporairement] la musique de côté et participe à des clips pour Faudel et Akhenaton, le chanteur et producteur de rap que nous connaissons. En 1998, pour raison de santé [il a une péritonite et ne peut se rendre à son examen], il ne décrochera pas son BTS à son grand désespoir. Il retourne à Marseille apprendre l’informatique puis devient professeur pendant 5 ans. Parallèlement, il intègre le Conservatoire de Musique de Marseille dans les années 2000. Il devient assistant sur le tournage «Les diables» de Christophe Ruggia, puis les projets s’enchaînent. En 2003, il sera bassiste au Bataclan, aux côtés de David Walters.

En 2005, il s’installe à Paris [pour raisons professionnelles mais aussi sentimentales …]. La musique reprend ses droits et avec elle, la reconquête du corps et du plaisir de l’instant. Parallèlement, un travail personnel de documentaire sur sa famille lui apporte aussi des réponses importantes et seront fondatrices dans sa décision d’assumer sa vie d’artiste. Au cœur de ce changement, il croise entre autres personnalités, les poètes Zéno Bianu, André Velter ou encore René Borer, spécialiste mondialement reconnu d’Arthur Rimbaud. Il se lie d’amitiés, travaille pour le batteur Simon Goubert et la magnifique pianiste, Sophia Domancich.

Ces belles rencontres enracinent peu à peu son regard tourné définitivement vers la poésie et la création. A cette période, toujours hanté par ses racines russes maternelles, Jean-Christophe fait un rêve étrange dans lequel il se voit jouer de la balalaïka contrebasse. Ce rêve déterminant, donnera lieu à un projet musical autour de la musique russe qu’il va imaginer avec son voisin de palier, Christian Roque, compositeur de musique contemporaine. Hasard du calendrier, ils seront présélectionnés pour l’année franco-russe en 2008. C’est ainsi que Jean-Christophe se met en quête d’une chanteuse russe [ou russophone]. Il croise alors Lembe Lokk, chanteuse estonienne. Il est immédiatement impressionné par son talent, sa présence scénique et sa performance. En un mot, il est sous le charme !

Ensemble, ils réalisent un 1er clip dans lequel Lembe porte une robe rouge, une robe porte bonheur. Du pop-rock poétique indépendant : «Rouge Madame» est née. Ils décident de travailler ensemble pour de bon, ne se quittent plus à la ville comme à la scène. A cette période, Jean-Christophe se sent légitime : c’est le début d’une réalisation musicale plus personnelle. En mai 2009, ils donnent leur 1er concert public, s’en suit un 2ème à Marvejols [en Lozère] puis un 3ème au Studio de l’Ermitage où Ivan Amar [France Musique] flaire le talent du duo. Février 2010, ils croisent furtivement Jean-Louis Murat au Studio Davout à Paris. Le Duo l’invite à écouter leur démo sur myspace. A leur grande surprise, l’artiste les recontacte quelques jours plus tard, déclarant que «leur musique était magnifique» ! Murat leur propose généreusement son aide. C’est ainsi qu’ils feront sa 1ère partie au Bataclan, à l’Alhambra puis s’en suivra une tournée en Estonie supportée par l’Institut Français. En 2011, ils donnent naissance à leur 1er Album « Rouge Madame » et à leur fille Anna …


Leur titre "Kaua" illustrera "Marussia", le long-métrage de la réalisatrice Eva Pervolovici, dont le personnage principal est russe. En outre, Jean-Christophe termine la bande originale de "Chroniques d'une cour de récré", un long-métrage dont l'action se déroule dans les années 80 et évoquent avec sensibilité les souvenirs d'enfance du réalisateur Brahim Fritah. Ces deux films devraient sortir en salle cette année.

Le groupe se qualifie ainsi : «Rouge Madame, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre, d’une alliance, entre une chanteuse d’origine estonienne, Lembe Lokk, à la voix pure et protéiforme, venant de la musique contemporaine et de Jean-Christophe Onno, musicien multi-instrumentiste, venant lui du milieu rock, qui décident un jour d’aller là où on ne les attend pas. Avec des chansons en français, en anglais et en estonien, Rouge Madame se trace déjà une place à part dans le paysage musical français. Rouge Madame aime la couleur, Rouge Madame aime les contrastes et propose une musique radicale, simple et dépouillée, ouverte aux genres et à toutes sortes de sonorités acoustiques ou électroniques

Vous pouvez les retrouver sur :
Rouge Madame, an Estonian Tour 2011 : http://www.dailymotion.com/video/xnspld_rouge-madame-an-estonian-tour-2011_music?start=0#from=embediframe

Bandcamp [album en téléchargement] : http://rougemadame.bandcamp.com/
Itinérances : http://www.lerif.org/itinerances/maad-93/
myspace : http://www.myspace.com/rougemadame
facebook : https://www.facebook.com/#%21/rougemadamemusic

Georges






C’est dans la commune de Dolisie [à 110 km de Pointe-Noire] que naît Georges le 22 avril 1954. Le Congo à cette époque est encore une colonie française. Ce n’est que le 15 août 1960, que le Congo-Brazzaville accède à l'indépendance. La République du Congo sera dirigée par l'abbé Fulbert Youlou. Issu d’une famille de 10 enfants, son père travaille dans une usine de cimenterie à Loutété [qui existe toujours]. Georges rentre chez les Pionniers [pépinière de l’idéologie marxiste à cette période]. Il a de beaux souvenirs de baignades à Loubomo, la 3ème ville du pays. Georges prend le train [CFCO] pour se rendre au collège dans un internat qui se situe à 45 km de chez lui. 

Des rêves se dessinent en 6ème grâce à un groupe vocal. Un copain [plus âgé, un «grand» donc], lui offre sa 1ère guitare. Il ne sait absolument pas en jouer mais «s’arrange» avec un camarade. Ils fondent un groupe : les «Cerveaux Rouges». Repérés par le directeur du collège, il les engage pour interpréter des chants politiques. Georges aime l’école où tout se passe bien jusqu’en 5ème. Mais les choses se corsent en 4ème à cause d’un professeur d’anglais avec qui il aura des rapports de force. Par ailleurs, son père s’inquiète de cette passion débordante pour la musique. Alors qu’il entre en 3ème, Georges change de collège et part étudier à Baratier. Il passe un pacte avec son père qui lui demande d’arrêter la musique et de décrocher son brevet.
 
Examen en poche, Georges part s’installer chez un oncle à Brazzaville où il reprend illico la musique et découvre le théâtre au Centre Culturel Français. Il pratique le théâtre pendant 3 ans, jusqu’en terminal. L’année de son Bac, il entre au Centre de formation d’Art Dramatique et intègre le Théâtre National Congolais. Acteur légitime, la reconnaissance commence avec un article élogieux et une photo de lui dans l’unique journal du pays, article qui fera la fierté de son père. Son frère sera un soutien précieux dans sa carrière. Intellectuel, étudiant à l’Université, il fera venir de nombreux étudiants au théâtre. Dans les années 80, Georges participe à de nombreuses créations et joue des auteurs congolais [Sony Labou Tansi, Sylvain Bemba, etc.]. L’équipe du Centre Culturel Français lui propose parallèlement de se lancer dans la mise en scène [Jean-Paul Sartre, etc.]. En 1983, Georges intègre la troupe de Sony Labou Tansi. Il fait la connaissance de Daniel Mesguich, qui travaille alors à Brazzaville. Mesguich et Pierre Vial lui suggèrent de venir en France et d’intégrer la Conservatoire d’Art Dramatique, où il existe une formation d’un an pour les étudiants étrangers.
 
C’est ainsi que Georges quitte le Congo pour la France. Il s’imagine que c’est une affaire de quelques mois. Durant les années Jack Lang, Gabriel Garran père du Théâtre International de Langue Française [TILF], le convie à la Villette avec une troupe de 40 comédiens. Il joue «Les Nègres» de Jean Genet à Lyon ; Mesguish prend la direction du Théâtre national de Lille, Tourcoing et de la région Nord/Pas-de-Calais et l’invite à jouer dans Andromaque, puis Georges entame une mission «jeune public» autour du conte pendant 3 ans au Théâtre le Grand Bleu. Il ne cesse de travailler et de multiplier les rencontres fructueuses. Grâce au metteur en scène Alain Timar, il part en Avignon jouer «En attendant Godot» de Samuel Beckett, création qui durera 6 mois. Gérard Gelas [fondateur et directeur du Théâtre du Chêne Noir, à Avignon] le repère et l’embarque dans une tournée ainsi que dans diverses créations pendant 3 ans.
 
C'est en remontant d’Avignon vers Paris en voiture - afin de rejoindre sa compagne et ses deux filles aînées, Flore et Marinette - qu’il apprend un samedi de 1997 sur Radio Africa n°1 que la guerre éclate à Brazzaville. Il est d’autant plus bouleversé, que la guerre se déplace vers Pointe-Noire où vit toute sa famille. Quand il arrive à joindre son frère Bruno par téléphone, les nouvelles sont effroyables et les risques immenses. La famille arrive pourtant à se cacher et à survivre. Georges qui n’est pas retourné au Congo depuis des années a un besoin viscéral de retourner en Afrique. N’importe où mais de toute urgence ! Il entre dans la 1ère agence de voyage qu’il trouve et demande un vol sec. Ce sera Cotonou au Bénin la semaine qui suit ! 

Il ne connaît personne et décide alors d’aller directement au Centre Culturel Français. Il fait la connaissance d’Ali et au cours d’un week-end, il visite le village de Ségbohoué, sur les bords du Lac Ahémé [un lac à aimer …]. Il rencontre la famille Bonou ainsi que des artistes béninois qui le conduiront vers un nouveau projet au Théâtre Firmin Gémier à Anthony.
 

A son retour en France, il rencontre Elise, sa nouvelle compagne, met en scène un auteur béninois, participe au Festival de la francophonie [grâce à Afrique en création] et retourne au Bénin pour jouer seul en scène. Elise et lui donneront naissance à Léna (10 ans), Lorette (7 ans), Manolo (3 ans ½) et à l’association Zenga-Zenga [le Zenga est un rite théâtral de guérison pratiqué par les peuples Kongos de la forêt du Mayombe au Congo. Mais le hasard a fait que le Zenga est également un type de représentation calligraphique japonais, lié au bouddhisme, basé sur un mélange de textes et de dessins poétiques, sensé symboliser le lyrisme de la vie et la douceur de vivre (Zen)]. 

Alors qu’il retourne au Bénin, Georges découvre avec stupéfaction que les élèves n’ont pas accès aux livres et étudient tant bien que mal sur des polycopiés. Avec Elise, qui est institutrice, ils mettent en commun leur énergie et récoltent des kilos de livres (7000 livres au moins) qu’ils feront parvenir dans le village de Ségbohoué. Il crée alors en 1999 son projet de biblio-pirogue sous la protection de la famille Bonou. Les livres sont acheminés par pirogue de villages en villages, tout autour du lac. Plusieurs étés de suite, des amis du couple et des bénévoles [dont j’ai eu la chance et le bonheur de faire partie en 2000] viendront prêter main forte au projet [alphabétisation, création d’une fresque murale et d’un atelier informatique, distribution de médicaments au dispensaire, etc.]. 

Georges reproduira l’expérience au Congo, puis sur les bords de Loire, à La Daguenière où il a vécu jusqu'en 2012 [contes, stages de danse, de musique, etc.]. Georges participe à de nombreux festivals, joue en Roumanie et en Algérie. En 2009, il collabore avec ses amis, Les Ogres de Barback à l’album "Pitt Ocha, au Pays des Milles Collines". Des chansons sont suivies d'un conte, narrant une aventure de Pitt Ocha au Rwanda. C’est Georges qui assurera le rôle du conteur dans cet album.
 
Cet été, sa famille et lui se sont installés pour 3 ans à Pointe-Noire. Retour aux sources ! Ses enfants pourront communiquer avec leur grand-mère puisque Georges a veillé à leur apprendre la langue locale, le lari. La région du Kouilou regroupe 6 communes avec des écoles et des bibliothèques. Il envisage avec Elise un programme d’éducation pour les filles-mères déscolarisées, l’apprentissage de petits métiers et divers projets socioculturels. Il envisage aussi d’initier un projet de reconstruction de bateaux typiques des bords de Loire par un charpentier de marine congolais. 

Si Georges était un instrument de musique, il serait un bâton de pluie tant son rapport à l’eau est omniprésent. D’ailleurs, la dernière fois que nous nous sommes vus, c’était sur la Seine et sur une scène ! Il a joué pendant 2 mois avec Ludovic Goma « La belle histoire de Leuk-le-lièvre » un conte de Léopold Sédar Senghor sur la Péniche de la Baleine Blanche à Paris. 

Georges est un peu comme Moïse. Faute de séparer les eaux, il rassemble et nous montre la voie …

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